07oct.

La cité Antique de Grand continue de questionner les scientifiques

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Ce weekend, le conseil scientifique du site archéologique de Grand s’est réuni pour faire le point sur les recherches en cours. Les scientifiques se sont confrontés à de nouvelles hypothèses.

À quoi servaient les imposants remparts de la ville ? L’amphithéâtre était-il aussi un théâtre ? La forme circulaire actuelle du village a-t-elle comme origine la période antique ? Le site de Grand n’en finit pas de nous révéler ses secrets et de questionner les membres du conseil scientifique. En effet, les dernières prospections géophysiques* menées dans le village, ont permis d’affiner les limites de l’extension de l’agglomération antique. Désormais sa superficie est estimée à environ 70 hectares. Cela a permis également de reconnaître des habitats dans des secteurs de l’agglomération qui n’avaient jamais fait l’objet, jusqu’alors, d’investigations archéologiques. L’édifice qui abrite la mosaïque était vraisemblablement l’une des constructions les plus imposantes du centre urbain. Son plan basilical, très courant dans l’Antiquité, renvoie à des fonctions diverses : lieu de réunion civil, temple ou encore schola pour l’enseignement ? Ce bâtiment était relié à un portique qui a été repéré sur plusieurs dizaines de mètres et dont les vestiges sont encore visibles.

Les scientifiques se questionnent également au sujet de la construction de l’enceinte pour laquelle est proposée une datation entre le Ier et le IIème siècle. La question est importante car les remparts les plus précoces, édifiés au temps de la Paix romaine, avaient essentiellement une fonction de prestige, ce qui pose la question du statut de la ville dans l’Antiquité. La question demeure ouverte. En effet, les scientifiques ont constaté que plusieurs bâtiments publics de la cité ont été construits en-dehors de l’enceinte de la ville. Pourquoi ?

Comme toutes les agglomérations antiques, Grand devait compter vraisemblablement plusieurs thermes publics, lieu de détente et de sociabilité. Bien que l'on ne dispose pas de plans complets de ces bains, plusieurs ont été repérés par la présence de cuves, de système de chauffage par le sol (hypocauste) ou encore par les sculptures qui en ornaient la façade. Les recherches récentes menées rue du Ruisseau ont livré les vestiges d'un vaste portique qui permettait vraisemblablement d'accéder aux thermes de l'amphithéâtre. Parmi les édifices publics de Grand, cet amphithéâtre tient une place particulière par sa taille, plus de 148 m de long, et l’originalité de son plan, avec une cavea tronquée. Bien que dédié à l’organisation de jeux et de combats de gladiateurs, il est possible que cet édifice abritait également des représentations théâtrales. Mais beaucoup de choses restent encore à découvrir à Grand, et l’existence d’un théâtre dans un autre lieu n’est pas à exclure.

 

*La prospection géophysique est une méthode qui permet d’obtenir une cartographie précise du sous-sol de manière non destructive, c’est-à-dire sans creuser le sol. Grace à un courant électrique envoyé dans le sol, on peut déterminer l’existence de vestiges et ainsi en définir le plan.

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