20avr.

Une girafe à Epinal, c’est possible ?

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Partant du principe que " Vous ne pouvez pas actuellement vous rendre au musée, alors c'est le musée qui vient à vous ", Vosges Mag vous propose de découvrir chaque lundi des oeuvres exposées au musée d'art ancien et contemporain (MUDAAC), situé sur les bords de Moselle à Epinal. Pour ce quatrième rendez-vous, découvrons les assiettes à la girafe.

« Avez-vous vu passer une girafe ? » En France, il y a deux siècles, certains auraient pu vous répondre « oui ! ». Imaginez alors, sur le trajet entre Marseille et Paris, les villes et villages traversés par un cortège hors du commun. La caravane était composée de gendarmes à pied et à cheval, d’une girafe habillée d’un manteau destiné à la protéger du froid, de plusieurs vaches dont le lait servait à l’alimenter de vingt litres au quotidien, des deux gardiens de l’animal et d’un éminent membre du Jardin du Roi chargé de l’expédition, Geoffroy Saint-Hilaire.

En 1826, Zarafa – tel était son nom – a été la première girafe à mettre le pied sur le sol français. Et, de fait, il s’agissait d’un cadeau diplomatique… Afin de resserrer les liens entre l’Egypte et la France, le pacha Mehemet Ali avait ainsi offert au roi Charles X cette jeune girafe qui traversa la mer par bateau avant d’arriver à Marseille, où elle commença par être mise en quarantaine. C’est au printemps suivant qu’elle fit le voyage à pattes jusqu’à Paris sous bonne escorte.

Le royaume, victime de la girafomania

Elle fut installée au Jardin du Roi (futur Jardin des Plantes) où, dès la première année, 600.000 personnes se déplacèrent pour l’admirer. Une vraie célébrité! On comprend mieux que son image ait été reproduite par des dessins et des gravures, mais aussi sur de multiples supports : sculptures, éventails, ombrelles, vêtements, poteries, etc. un mot a même été inventé pour décrire le phénomène qui contaminait le royaume tout entier : la « girafomania ».

En grec ancien, « mania » signifiant folie, il s’agissait donc là d’une folie collective liée à la girafe.

Les collections du MUDAAC témoignent de l’engouement pour cette étrange bête au long cou reproduite sur plusieurs plats et assiettes.

Un succès valable également dans les Vosges

En effet, dans les Vosges, les faïenceries d’Epinal et de Rambervillers, actives au XIXe siècle, ont repris ce décor. Cependant, tous les dessinateurs n’ont pas eu la chance d’admirer le spécimen et chacun d’entre eux en donne une version imaginaire. Regardez bien les variantes : oreilles, crinière, museau, taches, queue, sabots. Chaque détail diffère d’un objet à l’autre. A chaque fois, le décor essaie de rappeler le pays d’origine de l’animal avec un sol verdoyant dit « en terrasse » et de pseudo-palmiers.

Alors que les assiettes produites à cette époque étaient traditionnellement décorées de personnages, de motifs floraux ou architecturaux, d’animaux communs (coqs, aigles et oiseaux stylisés), ce motif animalier apporte un vrai renouveau. Entre outre, le jaune franc de la robe de la girafe posé en aplat se démarque des tons plus doux qui se rencontrent d’ordinaire sur les faïences.

En attendant de pouvoir admirer sur place les assiettes à la girafe, retrouvez les dans les collections du MUDAAC sur son site internet : mudaac.vosges.fr

 

Assiettes à la girafe

Faïence à décor peint

Inv. 77-4-5, 77-7-25, C.1371.19

Assiettes à la girafe © MUDAAC Épinal, cliché L’ŒilCréatif

 

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