15mai

« Les enfants ont besoin de retrouver des adultes confiants »

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Une infirmière puéricultrice PMI témoigne de l’impact de la crise sanitaire sur les enfants. A 49 ans, Agnès Meyer-Bisch exerce le métier d’infirmière puéricultrice en PMI, Protection Maternelle et Infantile. Elle travaille depuis 22 ans au Conseil départemental des Vosges, une solide expérience qui l’a menée à remplir ses missions aux quatre coins du département dont la MSVS (Maison de la Solidarité et de la Vie Sociale) d’Epinal 2 actuellement.

Poursuivre la relation de confiance durant le confinement…

Durant la période de confinement, Agnès Meyer-Bisch, tout comme ses collègues de la Protection Maternelle et Infantile du département, a continué à assurer ses missions : « Je téléphonais aux familles pour les soutenir et les encourager dans la prise en charge de leurs petits, ce qui n’était pas toujours simple lorsqu’on habite un logement exigu avec des enfants qui ont plus envie de courir que de faire leurs devoirs reçus par internet ou par voie postale pour certains. Mon travail est avant tout un travail relationnel, alors par téléphone ou mail, c’est bien différent ! Par exemple pour vérifier comment va un enfant il faut que je vois son visage et me rende compte comment il entre en contact avec ses parents ou moi, comment il parle, se déplace. Par téléphone les parents me décrivaient l’attitude de leur enfant. Certains m’ont envoyé des photos et même des films de leur petit sur ma boîte mail. Ils savent le plaisir que j’ai à croiser le regard des enfants. Ainsi, nous avons pu renforcer cette relation de confiance, ce sont de beaux instants ! ».

Les échanges par mail ont permis à Agnès Meyer-Bisch de poursuivre sa collaboration avec ses collègues et les partenaires extérieurs. « Pour assurer la continuité de service j’ai remplacé un collègue à la Maison de l’Enfance et de la Famille à Golbey parce que nous sommes une grande équipe et que nous sommes solidaires. »

…Et maintenant ?

Le déconfinement a débuté ce lundi et l’infirmière-puéricultrice ne cache pas son enthousiasme à l’idée de retrouver les familles, avec prudence et dans le strict respect des mesures barrières. « Un enfant a besoin de retrouver des adultes confiants, il a besoin d’être encouragé pour grandir. Je pense qu’il va falloir accompagner les familles à surmonter l’épreuve du confinement. Pour certains les traumatismes mettront du temps à cicatriser. Je souhaite que les petits puissent reprendre leur vie d’enfant le plus rapidement possible. Ils doivent jouer, rire et inventer sans peur du lendemain. L’enfance est la seule période de la vie où l’insouciance doit régner. Je souhaite que quand un enfant viendra se jeter dans les bras de ses parents pour se sentir réconforté, il puisse trouver ces adultes pleins de douceur et de tendresse malgré la crainte du virus. »

De nombreuses missions en faveur des 0-6 ans

Les tâches d’une infirmière puériculture sont multiples : visites à domicile après la naissance d’un enfant, soutien et conseils aux parents, permanences et consultations avec le médecin de PMI pour assurer conjointement un suivi médical régulier, bilans de santé en école maternelle. « Je rencontre tous les enfants de moyenne section avec leurs parents pour faire un point sur la motricité, le langage, l’audition. Je co-anime aussi des ateliers de parents. Notre service travaille en transversalité avec celui de l’insertion et du logement, le service social et le service de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) afin de chercher ensemble les moyens d’accompagner au mieux les familles qui résident sur notre secteur. » Un choix professionnel également pleinement réfléchi : « Je crois que plus précoce est l’intervention dans une famille, mieux elle parvient à prendre en charge son enfant. L’attachement réciproque n’en est que plus solide. »

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