15juin

Les Rendez-vous du MUDAAC. Episode 12

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Avec sa rubrique Les rendez-vous du MUDAAC, née pendant le confinement, Vosges Mag vous propose de découvrir à distance chaque lundi une des œuvres exposées au musée départemental. Pour ce douzième rendez-vous, décryptons le tableau d’Achille Cesbron intitulé Les Mercredi chez Louis Français

Sous la lampe à pétrole qui éclaire cette tablée se sont réunis plusieurs artistes. En 1896, date à laquelle le tableau a été peint, l’électricité n’alimentait pas encore toutes les maisons. L’auteur de cette peinture à l’huile, Achille Cesbron, a suivi le modèle de composition en clair-obscur lancé, au début du XVIIe siècle, par Le Caravage. Il se réfère plus particulièrement ici à une œuvre du peintre italien bien connue : Le Souper à Emmaüs (1601, Londres, National Gallery).  
Dans la lumière, au lieu du Christ, Cesbron place l’artiste, auquel il veut rendre hommage : le peintre paysagiste d’origine vosgienne, Louis Français (1814-1897).
Au premier plan, de trois-quarts dos, comme Cléophas dans le tableau de Caravage, il place une autre célébrité de l’époque : le peintre Carolus-Durand. Au centre de la table, en remplacement des mets composant le souper, Cesbron dispose un plateau avec un service à café. Les bouteilles de digestif marquent la fin du repas et le début du temps consacré aux discussions qui réunissait ces artistes, tous les mercredis, autour de Louis Français, dans son atelier parisien du boulevard Montparnasse.
Après une longue carrière, de nombreuses médailles reçues dans les expositions et au Salon annuel, puis une nomination à l’Institut, Louis Français est à la fin de sa vie et au fait de sa gloire, entouré de certains de ses élèves et disciples.
Les collections du musée de Plombières-les-Bains - actuellement fermé au public pour travaux - nous permettent d’identifier trois autres personnages grâce à des tableaux préparatoires conservés dans cet établissement. Ces personnes sont : Charles Busson, peintre, tout à gauche ; puis Aimé Gros-Schlumberger, un Alsacien, banquier, collectionneur d’art et artiste lui-même ; puis Louis Pretet, peintre franc-comtois. Au fond de la composition, un élève très apprécié de Français : Alexandre Rapin, décédé en 1889, qui est ici représenté de manière posthume.
Au musée de Plombières, sont également conservés, deux accessoires indissociables de la personnalité de Louis Français : sa pipe et son béret !

Retrouvez les collections du MUDAAC sur son site internet : mudaac.vosges.fr

Achille Cesbron - Les Mercredi chez Louis Français
Huile sur toile, 75 x 108 cm.
Inv. D.V.I.81
© MUDAAC - Epinal, cliché Claude Phillipot

Le Caravage, Le Souper à Emmaüs © National Gallery, Londres

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