24mars

450 kilos d’Histoire en partance pour Saint-Romain-en-Gal

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Ce matin, les opérations de manutention de la mosaïque de Carthage ont eu lieu au Mudaac. Les 450 kilos de la mosaïque ont été déplacés avec soin par une équipe de l’entreprise Bovis, spécialisée dans la manutention délicate.

Il aura fallu une bonne heure et demie pour que la mosaïque de Carthage soit chargée dans le camion qui conduira l’œuvre aux ateliers de restauration de Saint-Romain-en-Gal. L’opération de manutention de la mosaïque a été menée avec soin et méthode. Les manutentionnaires ont dans un premier temps basculé la mosaïque sur le côté. Puis, ils l’ont déposée sur un chevalet en métal pour la déplacer plus aisément jusqu’au camion.

Le Musée départemental d’art ancien et contemporain (MUDAAC) conserve une importante collection d’archéologie antique, au sein de laquelle figure cette mosaïque provenant des fouilles menées au XIXe siècle à Carthage, en Tunisie (don de Henry Boucher, 1910). Ce pavement, d’environ 2,50 m de côté, a fait l’objet en 2018 d’une étude préalable qui a été également l’occasion de l’extraire de la fosse dans laquelle elle était conservée depuis plusieurs années. 

À l’issue de cette opération, la mosaïque de Carthage pourra à nouveau être présentée dans les salles du musée départemental, au sol ou au mur, puisqu’elle sera équipée d’un système permettant un accrochage de ce type.

Dans l’atelier de Saint-Romain-en-Gal (Rhône), le travail consistera en la dérestauration du pavement, son transfert sur un support stratifié autoportant, et un traitement de surface (nettoyage et consolidation).L’atelier de restauration, rattaché au musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal, dispose d’un vaste espace conçu et équipé pour le traitement des mosaïques et des peintures murales.

Origine de la mosaïque de Carthage

Fondée par une colonie de Phéniciens au IXe siècle avant J.-C., la ville de Carthage devint au début de l’Empire une importante ville romaine, capitale de la nouvelle province d’Afrique. La colline de l’Odéon, qui domine la mer, était alors la résidence des élites qui s’y font construire de prestigieuses villas au sein d’îlots, des insulae.

Ces villas font l’objet de recherches archéologiques dès la fin du XIXe siècle, alors que la Tunisie était placée sous le protectorat de la France (1881-1956). Les fouilles menées par Paul Gauckler (1866-1911), inspecteur en chef du bureau tunisien d’art et d’antiquités, aboutissent à la découverte de nombreuses mosaïques parmi lesquelles cette mosaïque mise au jour, en 1904, au sud de l’orchestre du théâtre romain.

Le décor de la mosaïque

Cette mosaïque comprenait à l’origine quatre-vingt-seize médaillons dont seuls sont conservés les médaillons du musée départemental ainsi qu’un fragment conservé au musée du Bardo, à Tunis.

Les oiseaux, poissons et l’unique lapin qui ornent cette mosaïque sont placés au sein d’anneaux dont les couleurs varient. Les médaillons sont entourés par des rinceaux de feuilles d’olivier et de vrilles. Le bord du tapis est constitué d’un décor géométrique noir et jaune.

Cette mosaïque à trame végétalisée est caractéristique du répertoire africain et, en particulier, des Xenia, des natures mortes qui ornaient les espaces d’accueil de la demeure romaine. Les fruits et espèces animales ainsi représentés démontraient le soin accordé à l’hospitalité et symbolisaient également l’éternelle fécondité du monde, tel qu’il était conçu dans l’Antiquité.

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