14juin

Les Rendez-vous du MUDAAC. Episode 45

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Avec la rubrique « Les rendez-vous du MUDAAC », Vosges Mag vous invite à découvrir à distance une des œuvres exposées au musée départemental d’art ancien et contemporain (MUDAAC) à Epinal. Cette semaine, il s’agit d’une lithographie de Grandville intitulée "Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi".

Le premier numéro de l’hebdomadaire satirique La Caricature paraît à Paris le 04 novembre 1830. Fondé par Charles Philippon, ce journal nourrit la contestation politique et sociale face à la Monarchie de Juillet (1830-1848). Aux côtés de d’Honoré Daumier et de Traviès, autres grands caricaturistes de l’époque, Grandville y dessine un nombre important de planches d’illustrations liées à l’actualité politique. Républicain et anticlérical, Grandville condamne les abus de pouvoirs et décisions financières des différents gouvernements de Louis-Philippe. Les principaux protagonistes sont tournés en ridicule en prenant, sous le crayon du caricaturiste, les traits et caractéristiques d’animaux aux défauts exacerbés.  

 

Cette planche d’illustration s’inspire d’une fable (Livre VIII, fable 10) de Jean de La Fontaine « L’ours et l’amateur des jardins ». Les deux vers du titre de l’estampe, Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi, en reprennent la morale. En effet, cette fable raconte qu’une mouche vient se poser sur la tête d’un homme endormi. Un ours voulant la chasser se saisit d’une pierre : si la mouche est tuée, la pierre écrase aussi tête du dormeur.

Dans un contexte de répression de la presse et de saisies récentes de planches (planche 187 du numéro 92 notamment) de La Caricature, cette lithographie fait un subtil parallèle entre la morale de la fable et les tentatives de contrôle du gouvernement. La mouche joue le rôle de La Caricature et se pose sur l’homme endormi, Louis Philippe, identifié par son toupet, le parapluie et la cocarde du chapeau tricolore. L’ours incarne l’homme politique Joseph Zangiacomi, président de la chambre des requêtes de la Cour de Cassation, qui autorisa la saisie des caricatures.

Il s’agit d’une manière de se moquer et de dénoncer l’impact de cette répression sur la presse, qui, au lieu de la museler, devient la meilleure des publicités pour ces planches.

Retrouvez les collections du MUDAAC sur le site internet : mudaac.vosges.fr

 

© MUDAAC - Épinal, cliché L'Œil Créatif
GRANDVILLE Jean-Jacques (dessinateur)

Nancy, 1803 ; Vanves, 1847
Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi.
1832
Lithographie
2018.0.274

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