09mai

Les Rendez-vous du MUDDAC : zoom sur un pastel de Redon

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Avec sa rubrique « Les rendez-vous du MUDAAC », Vosges Mag vous invite à découvrir chaque semaine une des œuvres exposées au musée départemental d’art ancien et contemporain (MUDAAC) à Epinal. Ce lundi, il s’agit d’une oeuvre phare de la collection de pastels du MUDAAC : « Les Yeux clos », d’Odilon Redon

Odilon Redon (Bordeaux, 1840 ; Paris, 1916) reçoit une éducation bourgeoise et côtoie dès son adolescence des artistes. Il débute avec peu d’assiduité des études d’architecture à Paris et suit plusieurs apprentissages : tout d’abord de sculpture (Bordeaux, 1864), puis d’estampe (Bordeaux, 1865), avant de s’initier au dessin, avec le fusain et le pastel. Doté d’une sensibilité et d’un sens fort de la liberté, Odilon Redon projette son imaginaire et ses rêves : ses créatures extraordinaires et fantastiques, chimères et monstres composent la première partie de son œuvre. Inspiré par l’œuvre du graveur espagnol Francisco de Goya (1746-1828), Redon rencontre le succès avec ses « noirs ».

La seconde partie de sa carrière sera consacrée à la couleur. Il conserve l’habitude de travailler sur différents supports, même s’il privilégie la peinture à l’huile dès la fin du 19e siècle.

Initialement intitulé « Au ciel », le thème des « Yeux clos » devient pour Redon une source d’inspiration aboutissant à une dizaine de versions à la sanguine, à la peinture à l’huile ou gravées.

En 1890, il décline « Les Yeux clos » en peinture. Si le modèle reste identique, Redon joue subtilement avec les variations que lui permettent les différentes techniques et l’inclinaison de la tête. Considéré comme le manifeste du symbolisme, la version à l’huile sur carton est conservée au Musée d’Orsay. Première œuvre de l’artiste achetée par l’État pour les collections nationales, celle-ci prend place, en 1904, sur les cimaises du musée du Luxembourg, musée d’art contemporain à l’époque destiné aux artistes vivants. La version au pastel conservée au Musée départemental fait probablement suite à celle qui a été peinte. La composition est identique à celle de la toile, reprenant la position de recueillement dans l’inclination du visage.

Le pastel du MUDAAC est entrée dans les collections par l’intermédiaire du legs Chevalier en 1967.

Si la composition de ce pastel fait penser aux conventions des portraits en buste de la Renaissance italienne, Redon avait gardé en mémoire de ses séances de copie au musée du Louvre, l’Esclave mourant de Michel-Ange avec la même inclinaison de la tête et les yeux clos.

 

© MUDAAC Épinal, cliché CD88-JL

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