28juin

Les Juifs de Remiremont : Exposition aux Archives municipales

Retour |

Présente dès le XII e siècle à Remiremont, la communauté juive a, comme partout en France et en Europe, connu un parcours mouvementé depuis la Révolution française. C’est ce parcours que l’exposition qui se tient aux Archives municipales jusqu’au 7 septembre vous invite à découvrir .
Bien que peu nombreux à Remiremont, les juifs ont, en effet, joué un rôle important dans la vie de la cité au XIXe et au début du XXe siècle. Les nombreux documents, livres, cartes postales, affiches, photographies, journaux, registres, objets cultuels tels que Menorah (chandelier à 7 branches), Hanoukia (candélabre à 9 branches pour fêter les 8 jours de Hanouka), Mezouzah (boîtier apposé au chambranle de la porte d’entrée), vaisselle de Pessah (Pâque juive), Phylactères (petites boîtes cubiques enfermant des versets de la Torah), Rouleaux de la Torah, Chofar (corne de bélier faisant office de cor musical), etc, réunis pour la première fois par les Archives municipales en témoignent.

Une communauté impliquée dans la vie locale
Et, certains noms mentionnés résonnent encore dans la mémoire collective romarimontaine à l’exemple de la famille Kinsbourg qui, dans le courant du XIXe siècle va grimper dans l’échelle sociale. Colporteur devenu marchand de draps, David, le père, figure parmi les notables de la cité. Il est élu en 1848 Conseiller municipal puis adjoint. L’un de ses fils, médecin, sera 2e adjoint tandis que les deux autres vont acheter des usines textiles à Saint-Amé… C’est aussi le cas de Léon Werth, (1878-1955), romancier, essayiste, journaliste, critique d’art et ami de Saint Exupéry, des Bloch dont les fils, Camille (1865-1949) et Oscar (1877-1937), respectivement historien et linguiste, feront partie de l’intelligentsia parisienne. Sans oublier les commerçants réputés, les Dokes, bouchers dans la rue de la Franche-Pierre, les établissements Benoît Weil et Liew véritables « institutions » locales.

Des personnalités remarquables 
Défilent aussi les événements marquants de « l’âge d’or » de la Communauté juive romarimontaine avec l’inauguration de la synagogue située dans le bas de la Grande Rue (actuelle avenue Charles de Gaulle) en 1873, la création du 1er rabbinat et la nomination du 1er rabbin, Isaac Bloch (1848-1825) qui, en 1878 deviendra grand rabbin d’Oran, puis d'Alger en 1882.
Mais aussi les plus tragiques : les actes antisémites perpétrés durant l’affaire Dreyfus, la mort héroïque sur le champ de bataille, le 29 août 1914 de l’ancien rabbin Abraham Bloch, les heures sombres de l’Occupation avec le port de l’étoile jaune, les arrestations suivies des déportations vers Auschwitz et la mort de 23 juifs de 10 mois à 80 ans….
Après un certain rebond enregistré dans les années 50-60 du fait de l’arrivée des juifs d’Afrique du Nord, la communauté ne cesse de diminuer. En 1970, moins de 10 familles vivent à Remiremont et la synagogue est vendue à un promoteur immobilier en 1976. Elle sera détruite et remplacée par un immeuble de standing.  

Une expo fruit d'un travail pédagogique
C'est cette  longue et riche histoire que raconte  cette exposition née du travail collaboratif et interdisciplinaire de Nadège Maton et Arnaud Claire, enseignants du Lycée Jeanne d’Arc avec l’une de leurs classes de seconde. Il avait pour ambition de permettre aux élèves de saisir les enjeux de mémoire autour de cette communauté. Au fil des rencontres et visites, ils ont préparé avec le soutien de Stéphanie Ysard, Directrice des Archives, les différents supports, qui  sont présentés.

Les juifs de Remiremont - Parcours d’une communauté d’hier à aujourd’hui
Archives municipales
4 place Christian Poncelet à Remiremont
A voir jusqu’au 8 septembre
Entrée libre les mardi, mercredi et jeudi de 13h30 à 17h30

 

Aller plus loin

Vous recherchez

L'actu en poche...

Restez informés !

Vous souhaitez être informé de la publication de nouveaux articles par e-mail, 
abonnez-vous !

Nom